L’élaboration de ce document qu’est le Contrat de Rivière Ouvèze a pris de longues années, trop longues de l’avis de certains.
Il n’est plus temps de déplorer les mois, voire les années de retard, mais bien de se réjouir profondément de l’aboutissement de ce travail.
Cet ouvrage a mobilisé beaucoup d ‘énergie de la part de nombreux élus et acteurs du bassin versant ; il est la synthèse du travail considérable entrepris, la concrétisation de cette démarche.
Ce contrat doit tout d’abord redonner à la rivière Ouvèze et à ses affluents la place qu'ils méritent au sein de notre territoire, place qui s’est estompée au cours des 30 à 40 dernières années. Ouvèze, Mézayon, Chambaud, Bayonne ou Lagau ont perdu de leur visibilité et sont sortis de nos imaginaires (recul de l’agriculture et envahissement par la végétation, fin des industries traditionnelles utilisatrices d’eau, dégradation de l’eau en qualité et quantité avec baisse des potentialités piscicoles et touristiques…).
Cette action de revalorisation est d’autant plus bénéfique qu’elle permettra de fédérer les communes du territoire Ouvèze autour d’une vision partagée et de projets communs.
Le Contrat de Rivière est précisément un document de base, qu’il faudra renforcer, élargir et compléter à l’avenir, document qui doit permettre d’élaborer une réflexion sur le développement et l’aménagement futur de notre vallée. Les fondations que constituent les actions de base de ce projet pour les sept années à venir, devront être consolidées par d’autres actions d’aménagement territorial, SCOT (Schéma de Cohérence Territoriale), PLU intercommunautaires, Chartes, Gouvernance …
Il est en effet indispensable de dépasser la seule problématique de la qualité de l’eau, même si celle-ci reste au cœur du programme ; l’atteinte du bon état et le respect de la Directive Cadre sur l’Eau sont au centre du Contrat de Rivière, dans la suite logique du Contrat de Milieu des années 90.
Aux aspects liés à la pollution et aux indispensables et coûteuses actions d’assainissement, il faut ajouter la gestion quantitative de l’eau et celle des débits en période d ‘étiage. Ce contrat a l’ambition d’être exemplaire et innovant, dans la mesure où une opération de « bonne gouvernance locale », élaborée avec les deux syndicats des eaux SIOP (Syndicat Intercommunal Ouvèze Payre) et SEBP (Syndicat des Eaux du Bassin de Privas), avec l’aide de l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse, doit permettre de sécuriser et optimiser la consommation d’eau potable et de remettre de l’eau dans le milieu naturel en période de déficit hydrique.
D’autres ambitions novatrices sont affichées clairement dans notre programme d’actions pluriannuel :
Citons tout d’abord les interventions visant à restaurer la fonctionnalité du cours d’eau ; elles prendront en compte les études les plus récentes et pertinentes qui mettent fin aux interventions trop lourdes sur la rivière ; à ces actions coûteuses et souvent inefficaces seront préférées des travaux de création de seuils, de renaturation hydraulique et environnementale, d’intervention foncière en vue de redonner à l’Ouvèze des espaces de divagation…
Citons enfin les aspects paysagers, patrimoniaux et touristiques qui résultent d’une des meilleures études paysagères réalisées en France sur un cours d’eau et son territoire. L’approche paysagère des projets est aujourd’hui incontournable mais pas toujours suivie en termes de budget... Les perspectives ouvertes sont considérables mais les financements ne sont pas pour l’heure à la hauteur des chantiers à entreprendre.
Gageons que la nouvelle perception du territoire qui résultera de la mise en place des premières fiches-action amènera les acteurs en charge du développement et de l’aménagement à reconsidérer leur point de vue, et à s’engager davantage voire à s’approprier totalement certaines opérations sur le paysage et le patrimoine liés à l’eau et à la rivière.
Une nouvelle ère s’ouvre pour notre bassin versant. Souhaitons que la réussite couronne ce projet et surtout qu’il ouvre de nouvelles perspectives de développement territorial.
Le Président du Syndicat d’Ouvèze Vive,
Stéphane ORIOL
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